Et toute la vie devant nous, Olivier Adam, éditions Flammarion, 22 euros
1985. Paul, 10 ans, et sa famille déménagent d’une cité à Vigneux pour un lotissement pavillonnaire Allée des Sycomores, dont ses parents font des gorges chaudes : un peu plus cher mais avec un jardin à eux, moins d’immigrés, de meilleures écoles. C’est là que Paul fait la connaissance de ses deux voisins Sarah et Alex, qui deviennent vite des “inséparables”, comme ils se surnomment.
Mais un drame va se nouer et ils partagent alors un sentiment de culpabilité qui ne va jamais vraiment les quitter et les lier à la vie, à la mort. Paul et Sarah s’expriment tour à tour et racontent leur vérité en s’interpellant mutuellement dans un roman qui ressemble à une conversation entre amis de longue date. Ils évoquent leurs parcours respectifs et celui d’Alex, le grand absent qui apparaît comme l’artiste maudit du trio.
Olivier Adam nous offre une fresque sociale ainsi qu’un hymne à l’amitié qui court sur presque quarante ans, se livrant à travers le double littéraire qu’est le personnage de Paul dans une mise en abyme vertigineuse. Un roman bouleversant.