Une histoire d’amour et de violence, Olivier Bourdeaut, éditions Gallimard, 20,50 euros
Lorsqu’Olivier Bourdeaut enterre son père, la plupart des personnes présentes le félicitent pour la parution de son premier roman, un succès fulgurant en librairie intitulé “En attendant Bojangles”. Le mélange des deux événements paraît surréaliste et c’est comme ça que commence ce livre qui se présente comme un récit plutôt qu’un roman.
Olivier Bourdeaut évoque un père nocif, qui punit, cogne et humilie, et une enfance en clair-obscur entre amour et violence, sans que pour autant son texte cède à la facilité ou à la plainte. Il est alors lui-même sur le point de devenir père d’un petit garçon et frémit à l’idée de reproduire le comportement déviant de ce père qu’il aime malgré tout. Ce père décline un peu chaque jour mais il a assisté au sacre de son fils en tant qu’écrivain reconnu et cela soulage beaucoup l’auteur.
Olivier Bourdeaut nous offre ici un texte qui passe parfois du coq à l’âne, ne se ménageant pas en évoquant ses années de galère, au chômage, à dormir chez des amis, à chercher sa place. Un récit très nuancé et d’une grand délicatesse, qui pose la question de la responsabilité, de la paternité et du pardon.